Solidarité avec le peuple sahraoui!

Alors que la CSSR est en phase d’analyse pour le soutien à un projet au Sahara occidental, nous partageons sur cette page des ressources vidéo et écrites sur le peuple sahraoui et les injustices qu’il subit.


Le peuple sahraoui est originaire du Sahara occidental. Ce territoire est considéré par l’ONU comme l’un des derniers «territoires non-autonomes» – c’est-à-dire colonisés – au monde. En effet, juste après le retrait de l’Espagne en 1975, le Maroc a investi le pays illégalement. Il en exploite depuis les riches ressources, notamment du phosphate et du poisson. Pour la plupart, les Sahraoui·es ont été expulsé·es de leur pays par la force. La majorité de la population vit désormais en Algérie dans des camps, en attente d’une solution. Beaucoup de Sahraoui·es sont également en Espagne, où ils·elles ont fui le conflit. En 1991, l’ONU avait promis au peuple un référendum afin de leur donner l’indépendance, ce qui poussa les Sahraoui·es à accepter un cessez-le-feu. Cette autodétermination n’est pour plaire au Maroc. Depuis plus de 30 ans, le référendum n’a jamais été mis en place.

Tindouf, Algérie, l’un des principaux camps de réfugié·es sahraoui·es

Ressources vidéo :

Fusils ou graffiti : la lutte pacifique du peuple sahraoui. Jordi Oriola Folch, TransformaFilms, 2018.

Trailer

Disponible à l’achat sur le site des producteurs (sur demande) : http://www.transformafilms.org/?q=contact

Dans l’attente du référendum promis par l’ONU, certain·es sahraoui·es pensent qu’il faudrait reprendre les armes. D’autres optent plutôt pour la non-violence. Ce documentaire suit les pérégrinations d’activistes non-violent·es, qui tentent d’expliquer au monde les abus subis par le peuple sahraoui.


Le mur. La blessure du Sahara. Fiorella Bendoni et Gilberto Mastromatteo, Ban Slout Larbi, 2019.

Trailer :

Disponible à l’achat sur le site des producteurs (sur demande) : https://www.bansloutlarbi.it/le-mur-la-blessure-du-sahara/

Au milieu du Sahara occidental, le Maroc a fait construire un mur qui sépare le territoire en deux. Achevé en 1987, il est encore aujourd’hui solidement gardé. Ce documentaire suit plusieurs Sahraoui·es dans leur quotidien, entravé par le conflit avec le Maroc.


Life is Waiting: Referendum and Resistance in Western Sahara. Iara Lee, Caipirinha Productions, 2015.

Trailer :

Disponible sur Youtube :

Ce documentaire retrace l’histoire des Sahraoui·e·, puis se concentre sur les efforts pour protester contre la situation actuelle et le statu-quo, notamment portés par la jeunesse. Les jeunes activistes déploient une résistance non-violente pour tenter de faire parler de leur cause. Ils et elles prennent en cela une autre voie que celles et ceux qui souhaitent relancer la guérilla contre le Maroc.


Sahara Rêve brisé. RTS, reportage Géopolitis, 24.01.2021. https://pages.rts.ch › 11824278-sahara-reve-brise

Une émission qui donne une très bonne introduction au sujet, en retraçant l’histoire du peuple sahraoui dans les grandes lignes ainsi que les enjeux actuels.


Solo son peces / They’re Just Fish. Ana Serna et Paula Iglesias, Al Borde films, 2019.

Trailer 

Disponible à l’achat sur Viméo : https://vimeo.com/ondemand/solosonpeces 

Ce documentaire dresse le portrait de trois jeunes femmes sahraouies, qui ont mené à bien le projet étonnant de construire une pisciculture en plein désert. Le conflit entre le peuple sahraoui et le Maroc en toile de fonds, on découvre leur quotidien, leur histoire, leurs réflexions.


Wilaya. Pedro Pérez Rosado, trigon-film, 2012.

Trailer :

Disponible à l’achat sur le site des producteurs : https://www.trigon-film.org/fr/movies/Wilaya

Ce film suit le parcours de Fatima, une jeune femme sahraouie qui a grandi en Espagne. Elle se rend en Algérie dans un camp sahraoui suite à la mort de sa mère, initialement pour quelques jours. Là elle retrouve sa sœur et son frère, et restera finalement plus longtemps, (ré)apprenant à vivre dans cet environnement.


Articles du bulletin de la CSSR:

Pendant l’année 2021, nous publions une série d’articles sur le peuple sahraoui dans chacun de nos bulletins. Nous les reproduisons ici en intégralité.


Premier article de la série, paru dans le bulletin n°178 en mars 2021:

Solidarité avec le peuple sahraoui!

Le Sahara et les Sahraoui·es… Pour toute une génération dont je fais partie, la cause des quelque 100 à 200’000 habitant·es de ce désert plein de richesses faisait partie des «grandes» causes, de celles qui se défendaient dans toutes les manifestations qui soutenaient la libération des peuples (il y en avait beaucoup). C’était les années 70-80, celles de la décolonisation. Les Sahraoui·es sont peu à peu tombé·es dans l’oubli politique sous nos latitudes. Mais depuis 45 ans, eux et elles continuent de tenir, de ne rien lâcher, d’exiger le référendum promis par l’ONU lorsque l’État espagnol s’est retiré de sa colonie. Aujourd’hui, alors que les déclarations du gouvernement de Trump ont à nouveau suscité la colère des Sahraoui·es, il est temps de nous réveiller et de réitérer notre soutien. C’est pourquoi, durant l’année 2021, nous reviendrons à eux et elles dans chacun de nos bulletins.

1ère partie: une géographie et une histoire tourmentées

Comme pour la Palestine, il faut une carte pour comprendre ce qu’est ce territoire grand comme 6 fois la Suisse (266’000 km2), dont seule une partie est libérée (gouvernée par le SO: Sahara occidental), l’autre étant zone occupée (par le Maroc).


Carte tirée de http://plan-paix-onu.blogs-pot.com/2020/11/la-russie-aide-le-sahara-occidental.html

Il faudrait aussi des photos pour planter le décor et des portraits pour identifier une population dont on ne connait pas exactement le nombre: 100’000 à 200’000 personnes? A relever que ce qui est délimité par une ligne rouge, «le mur», est un secteur où il est compliqué de se mouvoir sur une largeur de 60 km: 30 km de chaque côté du mur qui sépare la zone occupée de celle libérée!

Un rappel historique en 6 dates :

1973: Création du Front Polisario dans le but de lutter contre l’occupation espagnole.

1975: Les pays colonisateurs doivent lâcher leurs colonies et donc l’Espagne quitte le Sahara occidental.

1980: Le mur des Sables est une barrière de séparation érigée au Sahara occidental par le Maroc à partir d’août 1980 et achevée en 1987.

1991: L’ONU envoie la Minurso au SO (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un Référendum au Sahara Occidental).

2005: Manifestations et émeutes dans plusieurs villes du Sahara occidental, c’est «l’Intifada de l’indépendance».

2020: Le 11 novembre 2020, Trump annonce publiquement sa reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le SO! En contrepartie, le Maroc rétablit ses relations avec Israël. Le 13 novembre, l’Etat marocain pénètre illégalement dans la zone tampon de Guerguerat (près de la Mauritanie) pour mettre fin à des manifestations sahraouies suite aux déclarations du gouvernement Trump.

Viviane Luisier (à suivre dans les prochains bulletins)



Deuxième article de la série, paru dans le bulletin n°179 en mai 2021:

Solidarité avec le peuple sahraoui!

Le Sahara occidental a été replacé sur le devant de la scène suite aux déclarations de Trump en novembre 2020: il a reconnu la souveraineté du Maroc sur ce territoire, en obtenant en contrepartie le rétablissement des relations diplomatiques du Maroc avec Israël. Dans un premier article, nous avons brièvement retracé la géographie et l’histoire du SO. Dans ce deuxième article, nous évoquons quelques-unes des richesses du SO, celles-là même qui attirent les convoitises du Maroc, mais pas seulement…

Par Viviane Luisier

2e partie: les richesses du Sahara Occidental (SO)

«Mais pourquoi subsiste-t-il en Afrique un territoire considéré par les Nations Unies comme non autonome, c’est-à-dire dont les populations ne s’administrent pas encore complètement elles-mêmes?… Il s’agit du Sahara occidental, la dernière colonie d’Afrique» (Bruxelles, 21 mai 2020, Algérie Presse service).

La réponse n’est pas qu’historique ou politique, elle est essentiellement économique. En effet, le SO recèle 28% des réserves mondiales de phosphate et ses 1’400 km de côte sont parmi les plus poissonneuses du monde. On y trouve aussi une agriculture généreuse, du cuivre, de l’or, du fer, de l’uranium, du pétrole. Et c’est le sable sahraoui qui fait le bonheur des touristes aux Canaries et aux Baléares! Dans la foulée, Transavia (filiale d’Air France-KLM) amène ses surfeur·euses sur les eaux de rêve du SO occupé.

Le Maroc est le premier partenaire commercial africain de l’Union européenne et maintenant aussi des USA. Or, tout ce commerce se fait avec les ressources extraites du territoire sahraoui occupé: c’est une appropriation illégale! La parade du Maroc, c’est de dire que le développement de la pêche, par exemple, profite aussi aux Sahraoui·es!

Le Maroc ne peut pas vendre notre poisson, le poisson de nos eaux est à nous! 21.07.2020, © Western Sahara Resource Watch

Seul le fameux référendum pourrait régler les problèmes, ce référendum dont l’organisation a été confiée à la MINURSO en… 1991 (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental). En fait, la MINURSO ne fait que gérer le cessez le feu. Le Conseil de sécurité de l’ONU a d’ailleurs changé l’idée de départ: il veut désormais que les 2 parties se mettent d’accord avant le référendum. La situation est totalement gelée.

Aujourd’hui, l’ONU devrait interdire l’exploitation des ressources situées en territoire sahraoui occupé par le Maroc pour créer les conditions favorables au règlement du conflit. Mais le Maroc ne va jamais accepter: rien que la pêche lui ramène 2.3 milliards de dollars chaque année! La France soutient la pêche marocaine et vient de faire accepter par l’UE les traités agricoles et de pêche incluant le SO occupé… contre la décision de la Cour européenne de justice! La France a sa part de responsabilité dans l’enlisement de la situation au SO. (https://wsrw.org)

Quant à la Suisse, pays où l’argent n’a pas d’odeur, elle participe à ce saccage: Lafarge-Holcim (ciment) et ABB (énergie éolienne) investissent sans vergogne au SO. C’est vrai qu’on n’a pas gagné l’initiative pour des multinationales responsables soumise à votation populaire le 7 mars dernier…