Nicaragua Casa materna
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Engagée depuis le début des années 1990 au Nicaragua, la Centrale Sanitaire Suisse Romande (CSSR) a déjà une longue histoire de collaboration solidaire avec ce pays, tissée au fil de projets ponctuels ou de plus longue durée. La CSSR soutient depuis les années 2000 une « auberge maternelle » dans le département de Matagalpa. Chaque année, plus de 400 femmes enceintes sont hébergées avant leur accouchement par la Casa Materna de Matagalpa (CMM)
Lutte contre la mortalité maternelle et les grossesses précoces
50 décès maternels pour 100’000 naissances vivantes dans la région de Matagalpa
Confrontées à un pourcentage élevé de grossesses précoces, les travailleuses de la CMM de Matagalpa ont décidé de réagir en s’adressant directement aux adolescentes du département.
Outre des dommages physiques, une grossesse précoce entraîne des conséquences néfastes sur le plan social. Une adolescente enceinte est plus susceptible d’interrompre ses études, d’être dépendante de son compagnon ou de ses parents, d’avoir une attitude de soumission et une estime de soi plus faible. Une grossesse précoce augmente également le risque d’être victime de violence.
Engagée depuis 2004 auprès de la CMM, la CSSR renouvelle cette collaboration réussie pour une nouvelle phase de projet 2016-2018.
Objectif global :
Contribuer à diminuer la mortalité maternelle et la grossesse précoce dans le département de Matagalpa.
Objectifs spécifiques :
- améliorer le niveau de connaissance des femmes sur la planification familiale et leur assurer un meilleur accès aux contraceptifs
- faire participer des hommes à des séances de sensibilisation à la santé reproductive
- améliorer les connaissances des adolescent-e-s au sujet de la planification familiale et élargir leurs perspectives d’avenir
- impliquer les parents dans la réflexion sur la santé reproductive
Activités :
- Conseils individuels et collectifs sur la contraception
- Distribution gratuite de contraceptifs adaptés à chaque femme
- Formation de groupes d’hommes et ateliers de discussion sur divers thèmes de santé reproductive
- Diffusion de sketchs radiophoniques sur les ondes radios locales
- Activités de sensibilisation auprès des enfants de 10 à 14 ans dans les écoles de 3 municipalités, avec des ateliers interactifs sur des questions de genre, violence, sexualité et planification familiale
- Activités d’information et de réflexion sur les mêmes thèmes avec les adolescent-e-s de 15 à 19 ans
- Formation d’adolescentes « leaders » appelées à intervenir elles-mêmes auprès des adolescentes de leur entourage
- Visite de suivi des différents leaders directement dans les communautés rurales
- Ateliers de discussion sur des thèmes de santé reproductive avec les parents d’adolescent-e-s
En bref :
Indicateurs | Données |
---|---|
Bénéficiaires par an | Total : 670 personnes 400 femmes enceintes 60 sages-femmes 45 hommes 45 adolescent-e-s 120 enfants |
Durée | 2016-2018 |
Budget (pour 2 ans) | 182 651 CHF |
Domaines d’intervention | Prévention mortalité maternelle et grossesses précoces, contraception, sensibilisation, formation, santé sexuelle et reproductive, action communautaire. |
Contexte politique
Petit pays d’Amérique centrale, le Nicaragua a connu une dictature militaire sous la coupe d’Anastasio Somoza jusqu’à la révolution sandiniste en 1979. Dans un contexte d’extrême pauvreté, ces derniers mirent en place des réformes sociales ambitieuses, notamment dans le domaine de la santé, l’éducation et la propriété de la terre. En 1990, la droite remporte les élections. Le libéralisme se déchaîne alors et malmène les secteurs les plus défavorisés. Le retour au pouvoir des sandinistes en 2006 soulève d’énormes espoirs.
Contexte socio-économique
Malgré la bonne gestion macro-économique du président Ortega, le Nicaragua demeure le second pays le plus pauvre d’Amérique Latine et des Caraïbes après Haïti. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage est de 8% et les richesses sont inégalement distribuées. Le gouvernement espère doubler le PIB national avec son projet de construction d’un canal interocéanique reliant la côte atlantique et pacifique qui, s’il est mis œuvre, s’achèverait en 2020.
Contexte sanitaire
Le Nicaragua figure parmi les pays qui connaissent une pénurie aiguë de personnel de santé, le département de Matagalpa étant l’une des zones du pays les plus touchées par ce phénomène. Selon l’Instituto Nacional de Información de Desarrollo (INIDE), en 2007, il y avait seulement 5 infirmières professionnelles pour 10’000 habitants à Managua, la capitale. Il n’y en avait que 2 dans le département de Matagalpa.
Des chiffres
Indicateur | Nicaragua | Suisse |
---|---|---|
Population totale | 6,2 mio | 8,23 mio |
Espérance de vie à la naissance h/f | 71 ans / 77 ans | 81 ans / 85.2 ans |
PIB/habitant | $1 904 | $78 432 |
Dépenses totales consacrées à la santé en % du PIB | 8,4 | 11,5 |
Taux de naissances par 1000 femmes âgées de 15 à 19 ans | 90 | 2 |
Ratio de décès maternel (pour 100’000 naissances vivantes) | 150 | 6 |
Indice de développement humain | 132/187 | 3/187 |
Sources : OMS 2013 / Banque Mondiale 2012-2014 / ONUSIDA 2014 / Unicef (2008-2012) / PNUD (2013).
La Casa Materna de Matagalpa (CMM)
La CMM est une « auberge maternelle ». Son but est de participer aux efforts du Ministère de la Santé pour diminuer la mortalité maternelle dans le département. Elle met à disposition un hébergement pour les femmes de la campagne sans ressources, qui n’ont pas de famille en ville et qui doivent impérativement accoucher à l’hôpital, car elles sont à haut risque de complication obstétricale. Elle leur offre ainsi le toit, la nourriture, des consultations de grossesse et des rencontres éducatives quotidiennes. En activité depuis 1991, la CMM est reconnue au niveau départemental, tant par la population que le Ministère de la santé.
Témoignages
« Le thème qui m’a le plus intéressé, c’est celui de la prévention des grossesses précoces et de la drogue, car ce sont des problèmes que nous rencontrons souvent chez nous. »
VENTURA, 36 ans, San José« Je suis orpheline, c’est ma tante qui m’a élevée. A la veille de ma maturité, je suis partie avec un homme mais il m’a rapidement quittée. J’étais alors enceinte. Maintenant que j’ai accouché, je me suis réconciliée avec lui. »
Carol, adolescente, Matagalpa« Je suis tombée amoureuse d’un homme beaucoup plus âgé que moi. Je suis tombée enceinte et il a disparu. Aujourd’hui je vis chez mes parents et même s’ils m’hébergent et que je reçois un peu de soutien, je vais sûrement devoir arrêter d’étudier. »
Sonia, adolescente, Matagalpa