Dans notre dernier bulletin, nous annoncions la tenue d’une soirée débat et d’organisation du boycott
teva-mepha le 26 mars prochain. Attention: nous avons du déplacer la date! Dès qu’une nouvelle date sera connue, nous vous transmettrons l’information. Avec nos excuses pour le dérangement!
Actualités
Argentine : du coup d’État de 1976 au projet néolibéral de Milei
Face à la violence autoritaire, la résistance populaire
Il y a 50 ans, le 24 mars 1976, les militaires argentins, avec le soutien des États-Unis et la complicité d’une partie de la classe politique, du grand patronat et de certains secteurs de l’Église catholique, ont perpétré un coup d’État civilo-militaire qui restera dans les annales de toute l’Amérique latine pour sa brutalité répressive. Ce coup d’État ouvrait un nouveau cycle de l’agression économique et sociale contre les secteurs majoritaires de la population. Il instaurait également le mécanisme pernicieux de l’endettement et de la dépendance, avec une augmentation illimitée de la dette extérieure.
Les sept années que dura cette dictature furent les plus brutales de l’histoire contemporaine de l’Argentine. Elles ont marqué l’imposition violente du terrorisme d’État, avec un bilan dramatique de 30 000 personnes disparues — dont 500 bébés enlevés à leurs parents disparus —, plus de 11 000 prisonniers politiques, des dizaines de milliers de personnes déplacées et de réfugiés à l’étranger.
Le régime dictatorial a cherché à anéantir toute une génération de jeunes gens engagés et solidaires qui voulaient rendre le monde plus juste. L’objectif a été seulement partiellement atteint : l’armée a échoué à vaincre la résistance populaire.
Pour faire face à la répression systématique et systémique, en prenant pour référence exemplaire les Mères et les Grands-mères de la place de Mai, un vaste mouvement social de défense des droits humains a vu le jour.
Affaiblis et toujours plus rejetés, après la guerre des Malouines où des centaines de jeunes ont perdu la vie, les militaires ont perdu de leur influence. En 1983, ils ont dû quitter le pouvoir.
L’engagement profond d’une grande partie de la société argentine pour la MÉMOIRE, la VÉRITÉ et la JUSTICE est le fil conducteur d’une lutte sans fin pour les droits humains. Entre 2006 et octobre 2025, près de 1 200 militaires, civils et religieux ont été condamnés pour crimes contre l’humanité dans des tribunaux ordinaires. L’Argentine est devenue un exemple important dans le monde entier pour se souvenir du passé et empêcher que l’histoire soit oubliée ou niée. Affrontant cet intense engagement du peuple avec la MÉMOIRE, le président Javier Milei, qui gouverne depuis décembre 2023, cherche à imposer le négationnisme comme idéologie dominante et justifier les crimes de la dictature. L’État de droit, les diversités et la lutte des femmes pour l’égalité sont des concepts rejetés. Il ignore le changement climatique. Il ne reconnaît pas les organisations multilatérales internationales et leurs programmes, comme l’Agenda 2030 ou les Objectifs de Développement Durable, etc.
Le gouvernement argentin actuel mène une politique de démantèlement économique et social systématique. Au cours des deux dernières années, il a poussé plus de 20 134 entreprises à la faillite – dont la plupart comptaient moins de 500 employés – et supprimé près de 280 984 emplois, dont 90 000 dans des domaines sensibles de l’État tels que la recherche, la santé, l’éducation, les droits humains, l’aide sociale, etc. Près d’une centaine de grandes manifestations sociales ont été violemment réprimées – ce qui constitue l’autre pilier du projet de Milei – faisant au moins 2 400 blessés parmi les manifestants et plus de 460 personnes arrêtées, selon les données dûment enregistrées.
Le négationnisme de Milei contre la vie, la planète, l’État de droit et même la démocratie le rapproche de l’extrême droite. Il s’inspire de Trump et de Netanyahou. Il entretient des liens étroits avec les dirigeants néofascistes européens. Ainsi, le projet de la droite radicale internationale se renforce. Cette droite promeut des idées culturelles, religieuses et politiques qui sont extrêmes, patriarcales et réactionnaires. L’objectif est de démanteler le système de protection sociale, les mesures de solidarité et de diversité, l’accueil des migrants ou encore le droit du peuple palestinien ainsi que de tous les peuples à décider de son avenir.
50 ans après le coup d’État en Argentine, nous affirmons :
Plus jamais de terrorisme d’État
Non au projet économique et social de Milei
NON AU NÉGATIONNISME, partout et sous toutes ses formes
OUI à la solidarité internationale.
Le 24 mars 2026, depuis la Suisse, nous constatons que les diverses formes de résistance et de protestation en Argentine sont bien présentes. Nous nous engageons à nouveau pour une Argentine, une Amérique latine et UN AUTRE MONDE POSSIBLE.
Nunca Más, Argentinos para la Victoria-Suiza, Asociación El Periscopio, Jardin desDisparus, LATINO LAB, AMIS
Avec l’adhésion de :
ACAF Assemblée de Citoyens argentins en France
Aipazcomun Suisse
ALAM Association latinoaméricaine de Meyrin
AMCA Associazione per l’aiuto medico al Centro America (ONG Ticino, Solidarité médicale avec Amérique Centrale et Mexique)
Asolatino (Berne, association de solidarité avec la Colombie)
Association des chiliens résidant à Genève
Association de solidarité Nicaragua-el Salvador (Genève)
Association Maurice Demierre (Bulle)
Associazione Italia-Nicaragua di Livorno (Italia)
CADTM Suisse (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes)
CETIM (Genève)
Centrale Sanitaire de la Suisse Romande (CSSR)
Colectivo Federal INTERMESAS de Sitios de la Memoria
Comité Mémoire et Justice de Genève
Comunidad Bolivia Plurinacional.Ch
Estela de Carlotto, présidente de Abuelas de Plaza de Mayo
Donde están ? Oú sont-ils ? (Uruguay)
Groupe Nicaragua-Jumelage Delémont-La Trinidad (Delémont, association de solidarité)
Gruppo Insegnanti di Geografia Autorganizzati (Italia)
Jumelage Biel-Bienne-San Marcos (Bienne, solidarité avec Nicaragua)
Les Vert-e-s suisses
Lupi solidali (Berne, group solidaire d’italiens)
Maria Adela Antokoletz, secrétaire exécutive de FEDEFAM (Federación Latinoamericana de Asociaciones de Familiares de Detenidos Desaparecidos)
MediCuba-Suiza (National)
Novo Movimento (Solidarité avec Brésil, Winterthur et région)
Parti Solidarités
Jeunesse solidaire
Parti socialiste genevois (PSG)
Parti ouvrier et populaire (POP Vaud)
Parti suisse du travail (PST-POP)
Quinto Suyo Suiza Peru
Red Whipalas/Whipalas Network
Syndicom, le syndicat des médias et de la communication
Solifonds (Organisme de solidarité syndical avec les mouvements sociaux en lutte, Zürich)
Syndicat SSP-VPOD Genève
Taty Almeida, présidente de Madres de Plaza de Mayo, Línea Fundadora
Zentralamerika Sekretariat (Solidarité avec l’Amérique Centrale)
Anne-Catherine Menétrey, ancienne députée et ancienne conseillère nationale verte (VD)
Antonio Hodgers, ancien conseiller d’Etat du canton de Genève
Bernard Borel, conseiller communal à Aigle et président de l’AVIVO Chablais
Carlo Sommaruga, conseiller aux Etats socialiste (GE), président de la Commission de politique extérieure du Parlement suisse
Delphine Klopfenstein Broggini, conseillère nationale verte(GE)
Emmanuel Deonna, conseiller municipale socialiste (GE) et président de la commission Migration et Genève Internationale au Parti Socialiste Genevois
Franco Cavalli, ancien conseiller national (TI) pout le parti socialiste, ancien président de l’Union Internationale contre le Cancer
Jean-Charles Rielle, député socialiste au parlement cantonal, président du Conseil municipal de la Ville de Genève et ancien conseiller national (GE)
Jean-Pierre Tombola, député socialiste au Grand conseil (GE)
Laurence Fehlmann-Rielle, conseillère nationale socialiste (GE)
Lisa Mazzone, présidente des Vert-e-s suisses
Luc Recordon, ancien conseiller national vert et ancien conseiller aux Etats (VD)
Maryam Yunus Ebener, présidente des Verts-e-s genevois-e-s
Pierre-Yves Maillard, ancien conseiller d’Etat socialiste du canton de Vaud, conseiller aux Etats et Président de l’Union Syndicale Suisse
Rudi Berli, conseiller national vert (GE)
Sylvain Thévoz, député socialiste au Grand conseil (GE)
Ueli Leuenberger, ancien conseiller nationale vert (Ge), ancien président des Vert-e-s suisses
Vania Alleva, syndicaliste
Bulletin nº198
Découvrez le dernier numéro du bulletin de la CSSR!
Dans ce numéro, la CSSR donne des nouvelles du projet de notre partenaire au Petén, se questionne sur le refus de la FGC de financer une nouvelle phase de projet de soutien aux infirmièr·ères de Matagalpa et revient sur la prise de position dénonçant le génocide à Gaza approuvée par les associations membres de la FGC lors de l’assemblée générale de décembre 2025. Dans ce bulletin, la CSSR donne aussi la parole à l’association « Soigner les Enfants de Tchernobyl » ainsi qu’à l’association « Santé-Social pour la Palestine » .
Bonne lecture!
La Fédération genevoise de coopération (FGC) prend position en soutien du peuple palestinien
En termes de solidarité internationale, le réveil en 2026 fut brutal: l’impérialisme reprend son envol et le néocolonialisme ne faiblit pas, provoquant des violences sans fin. Juste avant cette tourmente, les organisations membres de la FGC avaient approuvés en assemblée générale une prise de position dénonçant le génocide en cours à Gaza.
Scandaleuse intervention de Trump au Venezuela, massacres en Iran, menaces d’invasions étasuniennes et violences de la police de l’immigration (ICE) contre les personnes racisées ou migrantes, attaques contre le Rojava, poursuite du génocide à Gaza dans un silence désespérant… La situation dans le monde depuis ce mois de janvier est loin d’être reluisante, les droits humains sont de plus en plus aisément balayés au profit… du profit (accès au pétrole, vol de terres, pillages des ressources, etc.) et d’une montée du fascisme. Même les personnes qui croyaient encore aux organisations internationales ne peuvent qu’admettre leur impuissance.
Dans un tel contexte, que faire? D’abord, ne pas désespérer, et puis faire ce que la CSSR a toujours tenté de faire : résister, en défendant de grandes causes par des actes situés au niveau des personnes et des collectifs. En s’organisant et en soutenant les actions et les partenaires en lutte. Ainsi, la Centrale continue à financer des projets à l’international, pour réclamer l’égalité et les droits fondamentaux dans des contextes souvent pas faciles, parfois carrément hostiles.
En décembre dernier, nous avons fait le choix d’une action différente, afin d’affirmer ici, depuis la Suisse, une position politique de résistance. Les associations Madre Tierra Suisse et la CSSR ont donc proposé aux organisations membres de la FGC de valider ensemble une prise de position pour dénoncer le génocide à Gaza.
Au vu du génocide qui se déroule depuis plus de deux ans à Gaza par l’armée israélienne, de l’intensification de l’accaparement des terres et des violences en Cisjordanie, de l’occupation et de la colonisation qui a lieu depuis plus de 50 ans en Palestine;
Vu que l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025 n’empêche pas que les attaques israéliennes meurtrières contre les Palestinien·nes se poursuivent et que cet accord menace toujours plus les intérêts du peuple palestinien, notamment son droit à l’autodétermination;
Au vu des pertes humaines civiles qui atteignent une hauteur inégalable dans tout autre conflit à l’heure actuelle;
Au vu du blocus actif de l’aide internationale vers Gaza par Israël;
Au vu de l’échec de la communauté internationale à accompagner un processus de paix durable en Palestine;
Au vu de l’inaction du gouvernement suisse qui offre son consentement à tout le moins passif à Israël;
Au vu du soutien économique et militaire de la Suisse à Israël (qui représente un soutien actif au génocide et à la colonisation en cours);
Madre Tierra Suisse et la CSSR ont donc estimé que ce qui se passe à Gaza est exceptionnel et mérite une réaction exceptionnelle. Que notre soutien doit s’exprimer haut et fort, car il s’agit d’un acte solidaire aussi déterminant que le soutien d’un projet, face au consentement passif de génocide généralisé parmi les pays occidentaux.
Les organisations membres de la FGC, réunies en assemblée générale le 4 décembre 2025, ont donc décidé que:
Les associations membres de la FGC dénoncent le génocide en cours perpétré à Gaza et la colonisation des Territoires palestiniens occupés.
Elles dénoncent les entraves à l’acheminement de l’aide internationale imposées par Israël vers la bande de Gaza.
Elles signifient leur soutien plein et entier à la population palestinienne, à Gaza comme en Cisjordanie, et réaffirment son droit à l’autodétermination.
Elles encouragent les autres fédérations membres du Federeso à soutenir ce message et à le porter auprès des autorités suisses.
Bulletin nº197
Découvrez le dernier numéro du bulletin de la CSSR.
Au programme : des nouvelles du Chiapas, où notre secrétaire générale Aude Martenot s’est rendue dans le cadre du projet soutenu au Mexique. Un bilan également du projet de santé communautaire mené au Salvador, alors que la dernière journée de santé organisée dans le cadre de la collaboration avec la CSSR s’est tenue en octobre dernier. Retour enfin sur une actu plus locale, avec un aperçu de la soirée mettant à l’honneur le projet d’accès à la santé en Amazonie équatorienne. Et de l’importance de rappeler que la lutte pour une société égalitaire doit s’organiser à l’internationale et contre le système capitaliste.
Bonne lecture!