Bolivie
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Engagée depuis 2010 en Bolivie, la Centrale Sanitaire Suisse Romande y conduit un projet de prise en charge et de renforcement des personnes atteintes du VIH/Sida, en particulier auprès de la population LGBTIQ+ (Lesbienne, Gay, Bisexuelle, Trans, Intersexe, Queer +). En 2023, plus de 1 220 personnes atteintes ou vulnérables face au VIH/sida ont bénéficié d’une amélioration de leur accès aux soins grâce aux actions de la CSSR et de l’IpDH, son partenaire sur le terrain.
Rapport annuel 2022 de l’IpDH (espagnol)
Prise en charge et renforcement des personnes atteintes par le VIH/sida à Cochabamba
Dans le département de Cochabamba, 20 % de la population LGBTIQ+ est atteinte par le VIH/SIDA!
Malgré une législation progressiste en matière de droits des personnes atteintes du VIH, la diminution de la discrimination des personnes qui en sont atteintes n’est pas encore acquise. Les stéréotypes et préjugés sont tenaces. Tant dans la société que de la part du personnel médical. Ce qui préjudicie la prise en charge et le traitement des malades. Cochabamba est le deuxième département le plus touché par l’épidémie, après Santa Cruz. La population LGBTIQ+ (Lesbiennes, Gays, Bisexuel(le)s, Transgenres, Intersexe et Queer +) reste particulièrement vulnérable et est nettement plus touchée par l’épidémie que le reste de la population (20 % contre 0.3%). Discriminée et stigmatisée, cette communauté voit son accès aux soins limité.
Objectif global
Contribuer à améliorer l’accès aux services de santé sexuelle intégrale de qualité des personnes affectées et vulnérables au VIH à Cochabamba.
Objectifs spécifiques
- Renforcer le service de santé sexuelle de l’IpDH, en prévention et prise en soins, avec une approche communautaire pour populations affectées et vulnérables au VIH.
- Influencer les autorités, personnel de santé et société civile pour renforcer les réponses en santé sexuelle basé sur les droits humains.
Activités
Plusieurs activités sont menées par notre partenaires sur le terrain afin d’atteindre ces sous-objectifs. En voici quelques exemples:
- Rechercher activement de nouvelles personnes vulnérables.
- Proposer des consultations de santé sexuelle et affective.
- Registre, suivi des cas, analyse, réunions avec autorités, coordination avec le Défenseur du Peuple.
- Formation de l’équipe de santé et droits humains de l’IpDH sur les nouvelles stratégies de santé sexuelle et prévention combinée.
- Promotion du Centre de santé sur les réseaux sociaux, TV, radio, presse écrite.
- Activité de recherche de fonds
En bref
Indicateurs | Données |
---|---|
Bénéficiaires sur les 3 ans | Directs (en consultations): 370 personnes avec le VIH 2 260 personnes vulnérables 3 370 personnes testées 700 personnes formées au plaidoyer 3 300 personnes et étudiant·es formées Indirects: 16 000 personnes lors des événements publics de sensibilisation |
Durée | 2023-2026 |
Budget (pour 3 ans) | 330 921 CHF |
Domaines d’intervention | prévention VIH/Sida, prise en charge intégrale, formation, lutte contre les discriminations, plaidoyer |
Contexte politique
Les élections présidentielles d’octobre 2019 ont provoqué de fortes tensions au sein de la population, et le départ d’Evo Morales s’est fait dans un contexte de troubles sociaux graves. Un gouvernement auto-proclamé de droite catholique s’est mis au pouvoir en attendant les élections suivantes, qui ont vu le retour du parti MAS.
Contexte socio-économique
Sous l’administration Morales, grâce à l’amélioration des performances économiques et des recettes fiscales, à la nationalisation des hydrocarbures et à une plus grande ouverture, le pays a connu de nombreuses avancées: l’extrême pauvreté a chuté de 34% à 18%, le PIB a triplé et le taux de croissance, dépassant les 5% depuis 2012, est l’un des plus forts de la région. Malgré ces indicateurs favorables, la Bolivie demeure l’un des pays les plus pauvres d’Amérique Latine.
Contexte sanitaire
Les indicateurs de santé en Bolivie sont parmi les plus bas d’Amérique du Sud. Plus de 22 % des Bolivien·nes n’ont pas accès à l’eau potable et 73% n’ont pas accès à des services sanitaires de base. Les taux de mortalité périnatal et de dénutrition sont particulièrement élevés au sein des populations indigènes vivant sur les hauts plateaux andins. La mauvaise santé des Bolivien·nes est étroitement liée aux infrastructures inadéquates ou inexistantes et au peu d’informations concernant leurs droits d’accès aux soins.
Des chiffres
Indicateur | Bolivie | Suisse |
---|---|---|
Population totale | 10.6 mio | 8,23 mio |
Espérance de vie à la naissance h/f | 65 ans / 70 ans | 81 ans / 85.2 ans |
PIB/habitant | $3059 | $78432 |
Dépenses totales consacrées à la santé en % du PIB | 6.1 % | 11,5 % |
Nombre de personnes en Bolivie vivant avec le VIH/SIDA sur 10 000 habitant·es | 17* | 27 |
Indice de développement humain | 113/187 | 3/187 |
* L’incidence du VIH/SIDA est bien plus élevée dans la réalité, mais souvent la maladie n’est pas diagnostiquée dans les pays du Sud
Sources : OMS 2013/ Banque Mondiale 2014 / ONUSIDA 2014 / Unicef (2008-2012) / PNUD (2013)
L’Instituto para el Desarrollo Humano (IpDH-Bolivia)
Après les premiers projets menés avec succès entre 2010 et 2019, la CSSR prolonge son partenariat avec l’IpDH-Bolivia pour une nouvelle phase de 3 ans (2020-2023).
Créé en 1997 dans le but d’apporter une amélioration de qualité de vie de la population bolivienne, à travers des projets de recherche, de promotion éducative et d’action participative, l’IpDH est actif dans les domaines de la médecine sociale, des droits de l’homme et de l’environnement. Grâce à son travail de plaidoyer, elle collabore aujourd’hui avec les autorités et de nombreux autres acteurs de la société civile locale et régionale.
Depuis sa création, l’IpDH a développé son Programma SidAcción de prévention du VIH dans les écoles, universités, instituts, entreprises, groupes de jeunes, prisons, casernes et grand public, avec un volet important de plaidoyer pour et par les personnes atteintes du VIH.
Témoignages
«Grâce aux cours de l’IpDH, je ressens une ouverture d’esprit et une acceptation plus grande envers toutes les personnes qui vivent avec le VIH, y compris quand elles ont des orientations sexuelles différentes».
LUCIANA, 23 ans, étudiante en médecine« A partir du moment où j’ai su que j’étais atteint du VIH en 2005 et que j’ai su qu’il existait des groupes d’entraide, je me suis informé et jusqu’à présent j’ai continué à y participer parce qu’on ne finit jamais d’apprendre »
NILO, 31 ans, bénéficiaire de la consultation et des groupes d’entraide«Dans ma vie intime, j’ai mis en pratique cet atelier et il m’a pas mal servi pour avoir plus de confiance et à utiliser le préservatif»
SERGIO, 22 ans