Actualités

La CSSR réitère sa présence au Noël solidaire!

Ravis de notre première participation l’an dernier, nous réitérons notre engagement pour la 11e édition du Marché de Noël solidaire, qui aura lieu du 14 au 16 décembre 2017. Une manifestation proposée par la Fédération vaudoise de coopération et le centre socioculturel Pôle Sud.

 

Vous ne pouvez plus le nier : le Noël solidaire est un rendez-vous incontournable des Fêtes de fin d’année. Trois jours durant, 43 organisations sociales et solidaires ont grand plaisir à colorer vos cadeaux de Noël, émerveiller vos papilles et échanger sur leurs activités. Faites plaisir à vos proches en leur dénichant des cadeaux originaux et porteurs de sens, tout en soutenant des projets d’ici et d’ailleurs.

La CSSR et le Groupe d’Acceuil des Migrants d’Orbe : un duo gagnant !

Pour tenir notre stand durant le marché, nous nous associons une nouvelle fois avec le Groupe d’Accueil des Migrants d’Orbe, le GAMO. Cette organisation favorise l’amélioration des conditions de vie des personnes migrantes et propose notamment des ateliers de menuiserie. Le Marché représente alors une excellente opportunité de valoriser le fruit du travail de collaboration « bénévole – migrant ». Côte à côte, membres de la CSSR et du GAMO se feront un plaisir d’échanger sur leurs projets. N’hésitez plus à venir nous rendre visite !

 

Informations pratiques :

Stands ouverts les jeudi 14 et vendredi 15 décembre, de 17h à 22h et le samedi 16 décembre, de 11h à 20h.

Les bars et la restauration seront ouverts tout au long du marché jusqu’à 00h00. Lausanne/Flon – Centre socioculturel Pôle Sud (Av. Jean-Jacques Mercier 3)

 

Mais aussi:

Les multiples facettes solidaires de ce Marché :

  • La participation d’une quarantaine d’organisations sociales et solidaires actives en Suisse et à l’étranger
  • 100% des bénéfices réinvestis au profit de projets de développement durable
  • Des articles originaux et variés, solidaires et équitables, fabriqués par les partenaires locaux ou 100% Swiss Made.
  • Pôle Sud – FEDEVACO, deux acteurs reconnus de l’économie sociale et solidaire 
  • Une équipe de 70 bénévoles offrant 400 heures de travail, sans oublier le coup de main apporté au bar par le Collectif vaudois de soutien aux sans papiers
  • La Bourse à Travail, association favorisant l’intégration des personnes migrantes, qui met la main à la pâte et concocte des spécialités à base de produits de saison bio et locaux.
  • Metis’Arte, association socio-artistique, en charge de la promotion du Marché dans les rues de Lausanne avec des performances de choix mêlant professionnels et bénévoles.
  • L’exposition photo inédite présentée par le Collectif Urgence Palestine en vue des commémorations du 70ème anniversaire de la « Nakba ».

Conférence 26 sept: Délocalisations forcées au Guatemala

 

A l’occasion d’une tournée de sensibilisation en Europe, deux membres de l’organisation ACCODIL, soutenue par la CSSR, témoigneront du quotidien de leurs compatriotes des communautés rurales du Petén, au nord-ouest du pays, victimes de délocalisations forcées par l’État guatémaltèque.

 

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Cahier n°10

Ce cahier spécial traite de la coopération internationale en Palestine, essentielle pour le pays dans un contexte d’occupation militaire qui empêche tout développement. Nous revenons sur les actions de la CSSR en Palestine depuis les années 80. Pour la Centrale, soigner, c’est résister! Notre partenaire à Hébron, Yes Theatre, nous apporte également son point de vue pragmatique sur la situation.

 

Bonne lecture.

NON aux coupes dans la solidarité internationale

Mobilisons nous pour défendre l’engagement international de la Ville de Genève!

La Centrale Sanitaire Suisse Romande, à l’instar de la FGC et d’autres organisation de la solidarité internationale, appelle les citoyennes et citoyens de la Ville de Genève à refuser la coupe de 340’000 francs dans les engagements prévus par l’exécutif municipal pour la coopération, lors du vote populaire municipal du 24 septembre 2017.

 

Depuis 1970, les pays industrialisés se sont engagés à accroître l’aide au développement à hauteur de 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB). Ce qui est un minimum au regard des besoins et des inégalités dans le monde. En Suisse, la Constitution fédérale (dans son article 54), comme celle du canton de Genève (article 146), considèrent l’engagement des collectivités publiques pour la coopération au développement comme une contribution importante à la dignité humaine et à la stabilité du monde. La FGC et ses membres se sont toujours mobilisés pour que ces engagements soient respectés. Actuellement, 17 communes genevoises affectent plus de 0,7% de leur budget de fonctionnement à l’aide au développement. La Ville de Genève, pour sa part, n’y est pas encore : en 2016, elle a  consacré 0,61% à la solidarité internationale. Amputer encore ce budget éloignerait davantage la municipalité de son objectif.

 

La coopération ne doit aucunement devenir la variable d’ajustement de nos débats budgétaires. Car l’impact au sud est immense : chaque coupe met directement en péril des activités prometteuses et positive en cours. Pour la CSSR, 340 000 francs, c’est plus de l’ensemble du financement accordé par la FGC en 2016 pour les projets en Amérique Latine.

 

340’000.-  c’est important pour eux!

 

Avec cette somme, la CSSR apporte directement des soins à:

  • 15’000 malades, affectés par les contaminations pétrolières en Amazonie équatorienne,
  • 1’000 adolescent-e-s, dans un projet de lutte contre la mortalité maternelle au Nicaragua,
  • 16’500 femmes enceintes, à travers un projet de formation des sages-femmes traditionnelles au Guatemala,

soit un total de plus de 32’500 personnes, qui voient leur accès à la santé amélioré.

 

Cette année plus que jamais, les affrontements politiques municipaux ne doivent pas se dérouler sur le dos des plus pauvres. Surtout dans notre ville qui, à juste titre, est fière de son rôle international. Un tel rôle a son prix : celui d’un engagement efficace sur la durée aux côtés des plus démunis dans le monde.

Camarades genevois-e-s, le 24 septembre, votez NON aux coupes dans la solidarité internationale

La CSSR, engagée dans le comité référendaire, appel à voter 4X NON aux coupes anti-sociales.

Équateur: Cancers en Amazonie

 

Entre 1964 et 1990, la compagnie pétrolière Texaco (désormais Chevron) a développé un consortium pétrolier dans l’Amazonie équatorienne, utilisant des technologies et des pratiques nocives pour l’environnement et provoquant un désastre écologique et sanitaire. En 2016, la CSSR et ses partenaires en Équateur, l’Union des affectés par la pétrolière Texaco (UDAPT) et la Clínica Ambiental ont réalisé un diagnostic de l’état de santé de la population de l’Amazonie équatorienne. Voici les principaux résultats de cette étude qui a duré plus d’un an.

 

Lire le rapport complet de l’étude (en espagnol) ICI

 

CANCERS EN AMAZONIE

Le projet a été déployé dans les zones où le groupe Texaco-Chevron a opéré. Ces zones sont situées au Nord-Ouest de l’Amazonie équatorienne dans les provinces de Sucumbios et Orellana. La zone géographique affectée par les opérations de Texaco comprend les cantones (=districts) de Lago Agrio, Cascales et Shushufindi dans la Province de Sucumbios ; Joya de los Sachas et Francisco de Orellana dans la Province d’Orellana.

L’étude menée a permis de :

  • Faire un constat de la situation sanitaire de la zone affectée, y compris dans les communautés indigènes.
  • Observer que les types de maladie les plus fréquentes sont probablement liées à la pollution.
  • Connaître les infrastructures de soins existantes.
  • Localiser les sources de pollution actuelles qui affectent la population.
  • Identifier les principales sources d’eau de la population locale et leur  pollution.

Le diagnostic permet d’identifier les principaux problèmes en termes sanitaires. Nous relevons ici d’une part un système de prise en charge déficient; d’autre part, les impacts de la pollution sur la santé, notamment des taux d’incidence du cancer particulièrement élevé en comparaison nationale.

Selon l’étude, la population est suivie dans les sous-centres de santé et hôpitaux publiques. Cependant ces centres sont éloignés et difficiles d’accès. 17% de la population doit parcourir plus de 10km pour atteindre un centre de soins. Il y manque des médicaments, les horaires des soins restreints limitent les consultations et le personnel infirmier ne peut pas toujours accéder au centre.

Plus de 68% des médecins qui exercent dans la région sont des médecins ruraux (médecins récemment diplômés) sans spécialisation, devant accomplir une année au service de la communauté avant de pouvoir exercer leur profession. Dans la province de Sucumbios, on compte 11.84 médecins pour 10’000 habitants et dans la province de Orellana la moyenne atteint 16.04 pour 10’000 habitants. La moyenne nationale est de 16.48 médecins pour 10’000 habitants.

A Sucumbios on trouve un hôpital de soins de base et un hôpital général. Même situation à Orellana. Dans la région il n’existe aucun centre qui puisse prodiguer des soins pour le cancer. La clinique privée SOLCA (Société de lutte contre le cancer) a fermé en raison de problèmes économiques et du manque de subventions étatiques.

 

Conséquences de l’activité pétrolière de Chevron-Texaco sur la santé

L’étude a relevé le pourcentage de la population qui dit souffrir d’un environnement pollué par les activités pétrolières. Seulement 5.3 % de la population mentionne ne pas être affectée par l’activité pétrolière. 82% de la population utilise de l’eau polluée pour sa propre consommation ou pour se laver. Ils n’ont pas d’autres sources d’approvisionnement en eau. L’air pollué et les gaz émanant des puits pétrolifères affectent directement la santé de la population qui considère également que la pollution du sol est la cause de leurs maigres récoltes.

L’exploitation pétrolière a laissé dans l’environnement la présence de produits chimiques tels que : benzène, hydrocarbures aromatiques policyclyques, nikel, toluène, éthylbenzène, chrome, plomb, zinc, xylène, baryum, cadmium… Ces composants, la plupart nocifs, entrent en contact avec le corps humain par  l’ingestion de nourriture et boisson, l’absorption par la peau, l’inhalation par la respiration. Cette pollution n’est pas seulement mesurable mais aussi visible par la population qui voit dans l’eau les déchets bruts, ainsi qu’une couleur et odeur modifiées.

Les problèmes de santé les plus inquiétants sont l’augmentation des cas de cancer de différents types dus à la proximité des communautés avec les activités pétrolières. La fréquence de cancer par famille est très variable : dans la région de Sacha on compte 41.3% de famille chez qui un membre souffre d’un cancer. Les plus touchés sont les femmes à partir de 30 ans et les hommes dès 45 ans. Les cas les plus fréquents sont des cancers au niveau de l’estomac, de l’utérus, du sein, de la prostate et du poumon. Tous montrent des taux nettement plus élevé qu’au niveau national, respectivement 6x, 8x , 2x, 0.5x et 6x plus élevé.

Le cancer représente 28.8 % des causes de décès chez les habitants, deux fois plus que la moyenne nationale. La seconde cause de mortalité est due à diverses maladies et la troisième, aux morts violentes (homicides et suicides).

L’étude de la situation sur la prise en charge du cancer révèle des lacunes que l’on retrouve dans chaque endroit visité :

  • Diagnostics tardifs : en plus du manque d’accès aux soins de la population, les médecins, très souvent externes à la zone, n’ont pas l’habitude d’identifier les problématiques de contamination au sein de la population.
  • Insuffisances techniques. Il manque bien souvent des équipements et connaissances suffisants pour établir les diagnostics.
  • Services spécialisés surchargés : lorsque qu’ils réfèrent dans les centres hospitaliers spécialisés (à Quito, la capitale), les listes d’attente sont très longues et lorsque que le traitement peut commencer, il est parfois trop tard.
  • Accompagnement insuffisant : au retour de ces personnes, les spécialistes les renvoient chez eux sans que les médecins locaux n’aient même connaissance de leur retour ni d’indications particulières, et sans le suivi d’un psychologue, d’un médecin ou d’une infirmière.

 

L’étude a également mis le doigt sur des problématiques d’ordre socio-économique, environnemental et culturel, toutes en lien avec l’aspect sanitaire. A cause du manque d’eau potable et des pluies acides qui détériorent la fertilité des sols, et donc la production agricole et l’alimentation, la population ne s’implique plus pour une production d’aliments sains et consomme l’eau quelle que soit sa provenance. La nécessité de freiner la pollution afin d’obtenir des aliments plus sains impose une formation continue et des pratiques agro-écologiques strictes. De plus, des éléments importants de la culture se sont perdus. Tant la population indigène vivant dans ce secteur que les nouveaux habitants colonisant la région ont tourné le dos à la culture de plantes médicinales et aux connaissances ancestrales liées à la forêt vierge.

 

Si ce portrait peut faire froid dans le dos, il faut quand même remarquer une incroyable mobilisation de la population et l’espoir de faire changer les choses. Les communautés, regroupées derrière la UDAPT, s’organisent et veulent mettre en place des actions de réparation. Un mouvement que la CSSR s’est déjà engagé à soutenir dans un futur projet, en cours d’élaboration.